Nuit FrAcTaLE – deuxième fragment

Publié le par MyKe HeLL


Les fantômes ont surgi

Car la nuit infidèle réclame sa suite,

Cortège d’esprits en perdition

Sans doute trop pâles pour nos yeux malingres,

Trop proches, trop aériens, ils semblent fuir

Peut-être le miroir gardera-t-il quelque trace

De ces âmes fatiguées traînant leur carcasse

 

La nuit se consume comme les regrets

 

Quoi de plus étrange que sa blancheur

De souterrain, de zéphyr nain, d’avalanche,
On aimerait la voir mourir de sa belle mort

Eventrée, on voudrait l’entendre s’étouffer,

Mais la nuit demeure, confondue au matin glacé,

Scellée pour toujours dans l’enfer de nos corps

 

Ses débords noircis d’angoisse s’envolent
Ses traits d’or fondu s’étirent puissamment

C’est une nuit parfaite d'organique pesanteur,

Eclairant le soleil persan, comme une lampe

D’ocres fluctuants, de dentelles chamarrées,

Avec sa ribambelle de végétaux poudrés

 

Mélancolique et démoniaque, la nuit s’attend,

La nuit s’ennuie, la nuit s’étend et dure cent ans

Cent ans de grâce de solitude crasse

Et depuis cent ans sous les arcs triomphants

Je l’écoute sans mot dire, je l’écoute se maudire

Se fondre dans les couleurs vagues de la mer

Son opulente toison irisée par l’éclair

Fait écho au vieil océan légendaire

 

Aux grandes heures nocturnes mon lit vide

Eclaboussé de lune, écumant d’astres

Vient s’échouer contre les lames du parquet

Ma plume alors se dérobe, en mal d’aurore, monotone,

Je m’aperçois, créature minuscule oubliée des hommes

Au coin d’une mansarde baignée d’ombres mouvantes

 

Je fixe la lucarne qui scintille, comme agitée de remous,

Et, dans ce splendide isolement attentif j’observe

L’envol de lyres qui ressemblent à des pylônes

 

Devant moi au ralenti les trains passent
. . .

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