PsychoVision (conjurations)
En ce jour de fiel, ma plainte a trouvé un écho singulier ; je n’ai pas encore embrasé du regard ces ruines qui soulèvent d’invisibles flammes, au-dessus des ombres molles du passé ; je n’ai pas brandi le thyrse dérisoire qui autrefois faisait jaillir de voluptueux éclairs ; et cependant déjà le vaniteux, le victorieux, le délicieux élixir envahit mes pensées, se fraye un chemin entre veines démentes, transperce cruellement mes flancs et ensorcelle ma nuit; tout aussi sinueux, tout aussi vénéneux que le vieux serpent noir de l’Anarchie lorsqu’il se dresse sur l’horizon, à vingt mille lieues de là, dans les moirures du Temps, il s’est emparé de moi et m’asphyxie ; oh je suis si accablé de ces violentes certitudes, effaré de cet orage venu du plus profond de l’océan pour me cueillir, pour m’arracher à moi-même, pour aspirer ma sève et mortifier mes envols mystiques ; me voilà donc enfermé dans un néant que la peur elle-même ne saurait combler ; plus jamais je n’invoquerai les ombres ni la lumière, plus jamais je ne troublerai la quiétude des célestes entités que j’ai appelé dans une hallucination fatale. Dieu ? Une sinistre plaisanterie ! Et l’amour ? Arlequinade ! Billevesée ! Ne plus croire en rien, Est-ce cela, l’enfer ?