Nuit FrAcTaLE – troisième fragment
Devant moi au ralenti les trains passent
Tu grinces ô mon âme ! Que tes grincements
accompagnent le gémissement des plinthes
et la lourde marche de ces spectres de métal
Ou alors, si tu ne crains pas l’inconnue
hasarde un regard au fond des cieux
Cherche sous la suie le train mystique
Enfuis-toi ! loin de ce repaire malodorant
qui est ta geôle depuis trop longtemps
Et écoute donc !
La nuit veille au large, sans bruit
C’est une longue longue nuit cruelle et charnelle
Vouée aux enchantements d’anciens mondes éternels
Aux esprits devins, seigneurs des terres baroques
Aux anges qui guerroient pour d’obscures breloques
Une nuit nacrée que les belles forêts antiques
ont appelées et que la nuit même attend
Une nuit sacrée des pendus des rapaces suspendus
Aux poternes, sous des lumignons verdâtres
Aimant les rares beautés qui dansent et forment
Par leurs gestes charmants - et avec quelle audace ! –
De longs turbans de feu sur mon corps encor las
Vomissant ses étoiles à grands jets de glace
Dans l’effroi polaire - azur improvisé
revient la nuit pétrifiée