Nuit FrAcTaLE – troisième fragment

Publié le par MyKe HeLL

Devant moi au ralenti les trains passent

 

Tu grinces ô mon âme ! Que tes grincements

accompagnent le gémissement des plinthes

et la lourde marche de ces spectres de métal

 

Ou alors, si tu ne crains pas l’inconnue

hasarde un regard au fond des cieux

Cherche sous la suie le train mystique

Enfuis-toi ! loin de ce repaire malodorant

qui est ta geôle depuis trop longtemps

 

Et écoute donc !

La nuit veille au large, sans bruit

C’est une longue longue nuit cruelle et charnelle

Vouée aux enchantements d’anciens mondes éternels

Aux esprits devins, seigneurs des terres baroques

Aux anges qui guerroient pour d’obscures breloques

Une nuit nacrée que les belles forêts antiques

ont appelées et que la nuit même attend

Une nuit sacrée des pendus des rapaces suspendus

Aux poternes, sous des lumignons verdâtres

Aimant les rares beautés qui dansent et forment

Par leurs gestes charmants - et avec quelle audace ! –

De longs turbans de feu sur mon corps encor las

 

Vomissant ses étoiles à grands jets de glace

Dans l’effroi polaire - azur improvisé

revient la nuit pétrifiée

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