La maison flottante
La lampe d’Eros
Brûle de ton corps inlassable
Le bruissement des épaves
Au fond de la lagune,
Comme des baisers lointains,
Accompagne tes plaintes
En cet instant lancinant
Une bougie éclaire la lune,
La lune dissimule mon ombre,
Et mon ombre se disloque,
Se confond au sol, se ramifie,
S’enracine dans la tienne
Car tu es le bijou noir
Cerclé d’un million de promesses
D’un songe qui meure en moi
Fleur altière d’un fleuve sans retour
Si le jour nous atteint
De ses rayons de feu,
Qu’il fasse de nous
Les passants de l’autre monde
Et si la nuit nous étreint
De sa belle et bleue chevelure
Si le désir déchire l’air et l’azur
Autour de nos mille formes affreuses
Qu’un dieu hurlant nous emporte
Vers le lieu de notre crime
Pour y verser l’obscène métal
Assombri des douze éclats
De la pendule symphonique
*