Des routes ...

Publié le par MyKe HeLL

 

Des souvenirs monstrueux pleuvent

Pleuvent des larmes de désir

Sur vif-argent une larme expire

Larme de plomb sur mer en fusion

L’arme tendue au soleil d’Hypérion

Arrimée comme un voile nocturne

Aux vestiges de la grâce abolie

La larme est donnée, à la folie,

 

Et quelle folie ! Echo grandiloquent

Bruit de mille siècles ardents,

Tissés d’ombres tragiques,

Furtives, de tyrannies fantasques,

Qu’un ancien compara, fanatique                         

A la danse des Tarasques                                                  

 

Animés de frénésies spectrales

Résonnent en moi sous l’œil fatal  

Des siècles de larmes, de larmes séculaires,

Froissées, confondues aux secondes

Aux heures flamboyantes meurtrières

Au passé décomposé de l’infra-monde

 

Enchaîné aux rumeurs d’infini et pantelant

J’accueillais l’aube décadente, le jour naissant,

Je m’enivrais de cette rhapsodie nonpareille

Contrepoints d’orgues barbares et vermeils

La montée des cieux sans horizon 

Aux confins d’une ultime saison

Les matins odorants de plantes aurifères

Ces heures vespérales sous l’orbe lunaire

A regarder vers l’or riant du couchant

Je les buvais comme une eau de vie

 

Alors revint la vieille fantasmagorie

Le feu trouble convulsé d’euphories

Le noir incendie, la descente des enfers

Pluie de cendres, de poussière, de terre

Arquant ciel d’âpre volupté …

 

Je fuis les méandres lumineux      

Eprouvai l’instant vertigineux

Obsession animale, divine perversion                                           

Poussé par l’Invisible, le fol éclair

J’avais le regard grave et clair

Et cette pensée si emmêlée qui hurlait en moi

Qui tournait tournait ne me quittait pas

Comme un chaos d’oscillations surnaturelles,

Ironique, onirique, passionnelle, vampirique,

Une vieille pensée outrageusement cosmique

C’était je crois une voix faible,

Cette pensée
De plus en plus faible,

De plus en plus proche

Cette pensée

Elle ondulait dans un grand figement d’ombres

Avant elle il y avait l’angoisse, flottement sombre         

Avant elle, sous les ailes de Saturne,

Astarté veillant la lune taciturne

Jouant de sa harpe sur un mode dorien

Dans sa nuit ancienne, effroyable symbole

Miroitement sanglant d’une cinglante idole,

Et après elle ? Après elle il n’y a plus rien

 

Le regard malade et suintant d’illusions

Je repris ma route …

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