Odes et Mondes devenus
L’obscène vérité, qui nous éconduit
Sur un chemin bordé de précipices
Un chemin qui se perd dans les nuées
Un chemin d’équilibriste, de somnambule
emprunté par quelques âmes solitaires,
Lentement élevées vers le silence de l’image
- qui est comme un mur qu’un soupir suffit à briser -
pulvérisé en myriades de verbes occultes
Le chemin antique serpente se perd et divague
Entre pourpre digitale et arborescence vague
Et la grande lumière scande l’algorithme matriciel …
En fugues contrapuntiques en variations sérielles
L’algorithme génère un flux métaphysique,
des forces convergent en un point crucial,
rassemblent les énergies rouges holistiques
Tandis que derrière l’écran, l’ombre fatale
Se découvre au seuil de psychoses fantastiques
Fracas d’antimatière dans les noyaux obscurs
Tel un maléfice magnifique, un rêve de Phobos reconstitué
Car insidieusement, l’ombre a composé un chaos virtuel
C’est un amas expressionniste de floraisons difformes
Bruyères tétragones, mercuriales, mauves musquées,
D’autres plantes, élégantes et féroces, enveloppent
des carapaces humaines de leurs flammes argentées
Nous avons maintes fois tenté, sur l’aile d’un oiseau lyrique,
dans ces dimensions occultes le grand saut quantique
Nous l’avons tant espéré ce rendez-vous existentiel
Mais déjà le nuage fractal s’enroule dans le ciel
Et comme l’antique serpent, ondule se tord, frénétique,
s’enfle infiniment, puis éclate en pluies chromatiques
Science de l’absurde ou sublime ignorance ?
Le miroir des planisphères dédié à la connaissance
Au point culminant éclairera notre misère
de sanglots émerveillés de divins mystères
Ephémère le vent hagard déjoué et détourné
Comme les courants marins électroniques
Par l’œil ténébreux supra-géométrique
Les particules, imaginaires, se sont emmêlées
Elles improvisent devant le grand architecte
Un ballet de chimères de hurlants insectes
L’espace dévore le temps de l’extrême réalité
Ainsi se déforme l’obscène vérité