Au comble de la haine, le désir rampant

Publié le par MyKe HeLL


J’admirai ses regards sombres

J’admirai sa peau fine, papillon immense,
Versicolore, épinglé au firmament,
Où ruisselait la tristesse des dieux
En tête-à-tête avec l'oubli primordial
Au son blafard de nos souffrances
J’eus envie de noyer ses branches
Au rythme de l’horloge fractale
J’eus envie de broyer ses hanches
De célébrer ses mains blanches

J’admirai sa peau fine, nuances fatales
Projetées avec des étincelles d’or
A l’envers d’éminentes galaxies,

J’admirai sa peau fine et grave
Parsemée de camphre et d’aurore
Mêlée aux fioles mêlées au doute
Tumultueux, idyllique et lunaire,
Par de spiritueux détours en Enfer
J’admirai sa peau fine musicale

A la fenêtre, nous observions
Les macabres processions
Qui dès le jour se forment
Et aux vêpres sonnantes, agitent
Rouges affiches et torches jaunies

Nerveux dans la douceur du soir
J’eus envie de graver sur son dos
Des signes lumineux qu’elle comprendrait,
Qu’elle verrait peut-être,
Des signes de mon désir rampant
Cette souveraine que je voyais se perdre
Dans ma coupe d’argent
Portait le masque d’Uranus
Innocent et plein de noirceur

La télé vomissait des spectres bleuâtres

Minuit profond, au désespoir
Je l’invitai à venir se pâmer
A mourir sur mon corps éteint
En aspirant de mon visage phallique
Goutte à goutte le feu, la sève dévorante,
La myrrhe sauvage, la menthe perverse et l’anis

Chaque nuit un rayon d’or
Venait troubler nos vaines étreintes
Chaque nuit un ange mort
Eclairait nos mornes plaintes
Nos veines s’enchevêtraient
Dans le silence infiniment bleu
Dans cet arrière-goût de néant
Qui nous unissait confusément
S’entrechoquaient nos voix vides
Je voulus peindre ma peine
Au creux de ses mains blêmes

La neige tombait de l’écran

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