Le corps abyssal

Publié le par MyKe HeLL


Décembre noir de cendres il ne me reste rien

Que l’impression vague d’un naufrage dantesque

Car sous le vent de terre l’alcyon romanesque                      

Et funèbre secrètement m’a arraché aux miens

 

Sur l’île monstrueuse où je me suis égaré

Qui n’est, après tout, qu’une arche bigarrée

Sur cette île que je sens au bout de mes veines

Je porte vers l’horizon mes regards obscènes

 

De mon maquillage coule un feu d’artifices

Que personne ne peut voir, la ville est déserte

Semant la confusion je marche vers le précipice

Redoutant le redoux, je vais droit à ma perte

 

Dissimulé dans les crevasses de ma conscience,

L’oiseau mort m’indique le chemin. Insondable

Rapace, ton sang bave sur mes lèvres, tes serres

Dessinent au fer rouge une averse immuable

Et le froid de la rue qui s’accroche aux réverbères,

Saignant ! m’est plus plaisant que ton rire de pierre

 

Mélancolique, avec en plus cette peur intime,                      

Cette peur de moi ou de l’Autre, en suis-je la victime

Un prédicateur de l’Ancien Monde me l’avait dit, 

Je suis entré, et j’ai vu, et j’ai senti,

Et son souffle m’envahit …

 

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